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Théorie polyvagale et burnout en entreprise : le leader brillant… mais épuisant

Théorie polyvagale et burnout en entreprise prennent tout leur sens lorsqu’un leader performant commence, sans le vouloir, à épuiser son entourage.

QI 160.
QE proche de zéro.

C’est ainsi qu’il se présentait quand je l’ai rencontré pour la première fois.
Dirigeant réputé brillant.
Très stratégique.
Intègre, engagé.

Ses résultats étaient au rendez-vous, toujours.
Pourtant, les équipes s’épuisaient.

Et cela commençait à se voir.

« Le retour m’est fait un peu trop souvent.
Et le mois dernier, un de mes collaborateurs très proches s’est mis en arrêt.
Son avocat nous parle de burnout.
Je me rends compte que j’ai probablement une part de responsabilité…
mais je ne sais pas quoi faire.
Le coaching peut-il m’aider ? »

En l’écoutant décrire son management, quelque chose m’apparaît clairement.
Du point de vue de la théorie polyvagale, il fonctionnait presque en permanence en ce que l’on appelle l’état de lutte.


Théorie polyvagale et l’état de lutte

Le terme état de lutte crée souvent une confusion.
L’état de lutte n’est pas la colère.

Il s’agit d’une mobilisation continue du système nerveux : pression, intensité, urgence, exigence.

Le leader n’était pas agressif.
Au contraire, il était poli, encourageant.

Cependant, son système nerveux restait en activation constante.
Le drame ?
Il ne le savait même pas.

Or, cet état, lorsqu’il est régulé et ponctuel, est très utile.
Vital même.
Il permet de décider rapidement et d’avancer efficacement dans la vie.

En revanche, lorsqu’il devient permanent, il maintient l’environnement en vigilance constante.

Progressivement, cela épuise.

Un système nerveux activé en continu ne laisse aucun répit.
Naturellement, il entraîne les autres systèmes nerveux avec lui.

C’est ainsi que la mobilisation permanente peut contribuer au burnout en entreprise.


Mobilisation permanente et burnout

Dans ce contexte, le problème n’était pas l’intelligence.
Ni même l’exigence.

Le problème était l’état physiologique depuis lequel les interactions étaient initiées.

En effet, ce n’est pas seulement ce que nous disons qui compte,
mais l’état dans lequel nous sommes lorsque nous le disons.

Ainsi, la qualité d’une interaction dépend d’abord de l’état dans lequel nous entrons en relation.

Le travail en coaching n’a donc pas consisté à ajouter des techniques relationnelles.

Au contraire, il a consisté à explorer la différence entre un état mobilisé et un état connecté.

C’était aussi simple — et aussi exigeant — que cela.

Une fois qu’il a appris à revenir à la connexion, il a su ajuster le reste par lui-même.


Comment prévenir le burnout en entreprise

Image illustrant un moment de pause et de régulation dans un contexte professionnel. La présence de la nature évoque la prévention du burnout en entreprise et l’approche inspirée de la théorie polyvagale.
Prévenir le burnout commence souvent par un moment de présence et de reconnexion.

Concrètement, la prévention commence par une prise de conscience de la situation.
Puis, la décision délibérée d’agir, en « ralentissant ».

D’abord, aider la personne à repérer les signaux de son corps.
Ensuite, identifier les moments où la pression monte.
Puis, nommer l’activation plutôt que la justifier.

De plus, cela implique d’expérimenter, en séance, la différence entre parler depuis la mobilisation et parler depuis la connexion.

Parfois, cela commence simplement par ajuster la respiration.
Ou par sentir ses appuis dans le siège.
Ou encore par laisser le ton se poser avant un sujet sensible.

Ce ne sont pas des techniques de communication.
Ce sont des régulations d’état.

À un moment, je lui ai demandé :
« Que faites-vous pour relâcher la pression ? »

Il a ri.
« Ce serait un aveu de faiblesse, non ?
La pression doit être gérée, on fait du business ici.
J’exige d’être aussi exigeant avec moi-même que je le suis avec les autres. »

Pourtant, c’est souvent cette méconnaissance de son propre état qui marque le véritable point de départ du travail.


Régulation et leadership durable

Le leadership ne repose pas uniquement sur l’intelligence ou l’expérience.
Il repose sur la capacité à réguler son état.

Aujourd’hui, nous savons que la performance durable ne se construit pas dans la mobilisation permanente.
Elle se construit dans la capacité à revenir à la connexion.

La théorie polyvagale, développée par le Dr Stephen Porges, offre un cadre précieux pour comprendre les mécanismes de l’épuisement professionnel et prévenir le burnout en entreprise.

Parce qu’au fond, la régulation est peut-être la compétence managériale la plus stratégique de notre époque.


Prévention, soin, reconstruction

Le burnout est une problématique de santé sérieuse, qui nécessite, lorsqu’il est installé, une prise en charge médicale adaptée.

Dans certains cas, un accompagnement juridique peut également être utile afin de permettre à la personne concernée de connaître et de faire valoir ses droits.

Le coaching intervient en complément, dans une logique de prévention et de régulation.
Il peut aussi accompagner la période de reconstruction après un burnout, en soutien d’un suivi médical adapté.

Et pour comprendre pourquoi cette dynamique silencieuse s’installe, nous avons déjà exploré comment le burnout peut émerger précisément là où personne ne l’attend.

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